Climat : proposition de la Commission sur les émissions de CO2 des Voitures

La Commission européenne a présenté aujourd’hui sa proposition de législation pour réduire les émissions de CO2 des voitures. Pour les Verts, les valeurs limites des émissions proposées par la Commission ainsi que le paramètre pour déterminer ces valeurs ne permettent pas d’atteindre les objectifs de réduction de CO2 attendus de la part des automobiles. Par ailleurs, les pénalités insuffisantes en cas de dépassement de ces valeurs limites d’émissions risquent de faire de cette législation un instrument sans réel effet
Commentant la proposition de la Commission, Claude Turmes, vice président du Groupe des Verts/ALE, a estimé que :
"Alors qu’elle pouvait constituer un premier test après la conférence sur le climat à Bali, cette propostion législative est un échec flagrant de l’UE.
En effet, à peine quelques jours après que l’UE se targuait du leadership en matière de changements climatiques à Bali, la Commission a présenté une proposition législative sur la réduction des émissions de CO2 des voitures qui est très loin d’engager les mesures nécessaires. Nous avons fléchi lors du premier obstacle. Comment l’UE peut-elle s’attendre à ce que d’autres pays développés s’engagent dans les diminutions des émissions si elle n’est elle-même pas disposée à introduire les mesures nécessaires pour garantir les réductions vis à vis desquelles elle s’est engagée ?
Des études ont démontré que c’est seulement avec des valeurs limites d’émissions de CO2 strictes et contraignantes, à commencer par une limite à 120 g/km pour 2012, que l’UE réalisera la réduction nécessaire au niveau des émissions des voitures pour s’assurer des objectifs ambitieux pour la protection du climatique (1)."L’approche intégrée" telle que proposée, via laquelle les constructeurs automobiles devraient respecter la limite de 130 g/km avec 10 g/km provenant d’autres mesures, est un cadeau fait à l’industrie automobile. Cela serait impossible à contrôler et à appliquer et permettrait aux constructeurs d’échapper à leurs responsabilités dans la lutte contre la pollution des voitures qu’ils fabriquent. Pire, le manque d’objectifs à moyen et court terme créent de l’incertitude pour les fabricants et les investisseurs potentiels, cela mettra un frein à la réductions des émissions supplémentaires.
" Pour appliquer ces valeurs limites d’émissions, la Commission a choisi comme paramètre le poids des véhicules qui sera pris en compte selon son type. Ceci est un autre défaut majeur de cette proposition qui favorise de fait les fabricants produisant essentiellement de grandes voitures polluantes et très gourmandes en essence. Le développement et la commercialisation de ces grandes voitures très pollueuses par l’industrie automobile allemande a contrecarré les réductions des émissions des autres fabricants de voitures. Attribuer des valeurs limites d’émission basée sur le poids des voitures (alors qu’il y a de meilleures alternatives) récompense cette irresponsabilité environnementale et ne fournit aucune incitation aux constructeurs à réduire le poids de leurs véhicules (2).
Les pénalités financières pour dépassement des valeurs limites doivent être considérablement plus élevées que le coût des mesures de réduction des émissions de CO2 si l’on veut que la législation soit efficace. Malheureusement les pénalités proposées aujourd’hui par la Commission (20 € par gramme de dépassement jusqu’en 2012 et ensuite seulement une augmentation) sont très loin de ce que les experts estiment nécessaire (entre 100 et 150€ par gramme de dépassement) pour s’assurer que les fabricants produisent les réductions des émissions indispensables. Ce niveau de pénalité est même en contradiction avec une étude faite par la Commission elle-même. Sans sanctions suffisantes en cas de dépassement de ces valeurs limites, cette législation sera une coquille vide."
Notes du rédacteur :
(1) Une étude indépendante, commanditée par les Verts/ALE et présentée en octobre dernier, offre une comparaison des réductions d’émissions de CO2 réelles qui seraient réalisées par les différentes valeurs limites d’émissions actuellement en débat et indique que seule une limite à 120 g/km pour 2012 et une forte valeur limite complémentaire en 2020, garantirait les réductions des émissions nécessaires de la part des voitures. Cette étude a également mis en lumière que les paramètres pour déterminer les valeurs limites d’émissions pour les différents types de véhicule doivent fournir une incitation pour réduire le poids des véhicules. Ainsi un paramètre basé sur le poids ne peut pas fonctionner. En outre, les peines financières pour dépassement des valeurs limites doivent être considérablement plus élevées que le coût des mesures de réduction de CO2.
Un résumé politique en français peut être téléchargé via : http://www.greens-efa.org/cms/topics/dokbin/201/201904.mettre_un_frein_aux_changements_climatiq@en.pdf
L’étude (en anglais) est disponible via : http://www.greens-efa.org/cms/topics/dokbin/201/201906.climate_change_and_cars_new_study@en.pdf
Les autres paramètres sont "l’empreinte" (basée sur la largeur au niveau des essieux et utilisé aux USA), "l’ombre" (qui est basée sur la surface du véhicule) et le volume intérieur. L’utilité pour le consommateur n’est pas liée au poids. En liant les valeurs limites de CO2 au poids nous empêchons la mise en place d’un cadre incitant au développement de matériaux alternatifs pour les voitures.
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