Féminicides : le rapport voté par le Parlement européen reconnaît la gravité du problème
Ce mardi 11 septembre 2007, la commission parlementaire du droit des femmes du PE a adopté, à l’unanimité, le rapport de l’eurodéputé Verts/ALE Raül Romeva i Rueda sur la lutte contre les meurtres de femmes au Mexique et en Amérique Centrale.
Ce vote, très serré, a mis en évidence la sensibilité du sujet. De très nombreux amendements parmi les 101 présentés, ont été adoptés ou rejetés à une très courte majorité. C’est le cas, par exemple, de l’amendement n° 47 qui demande aux États concernés d’identifier, de poursuivre et punir les fonctionnaires des organes administratifs ayant occulté la dimension réelle du problème, voire aggravé celui-ci, comme la police, qui brutalise les victimes ou le personnel administratif qui ignore les plaintes. Cet amendement n’a pas pu être intégré au texte, malgré la recommandation favorable du rapporteur, puisqu’il a eu autant de votes en faveur que de votes contre (15) et qu’il faut une majorité favorable pour qu’un amendement soit adopté. Par contre, un autre amendement demandant l’assistance gratuite d’un avocat pour les victimes et leurs familles a été adopté par 16 voix contre 14.
A l’issue du vote, Raül Romeva i Rueda a estimé que : "Le meurtre de femmes est un problème global et la lutte contre ce phénomène revêt une dimension politique indiscutable que l’UE ne pouvait ignorer. Ce rapport est une étape importante dans la lutte contre l’impunité et ceci pour trois raisons.
- Tout d’abord, le rapport demande que les meurtres de femmes, ainsi que les mesures adoptées pour les combattre, soient traités de manière systématique dans les différents domaines de dialogue entre l’UE et le Mexique d’une part, et l’UE et les pays de l’Amérique Centrale d’autre part.
- Deuxièmement, il demande des mesures concrètes destinées à augmenter les efforts dans la lutte contre ce phénomène, des lignes budgétaires spécifiques, des programmes de formation des différents acteurs impliqués dans cette lutte comme les juges, policiers, fonctionnaires, etc. Il demande également de consacrer une attention particulière à l’appui et à l’accompagnement des victimes et de leurs parents.
- En troisième lieu, il exige de la Commission qu’elle présente, au cours de l’année 2008, une proposition de coordination des différentes initiatives destinées à combattre ce problème, tant dans le cadre de l’UE que dans les pays directement concernés ".
En outre, Romeva a voulu insister sur le fait qu’ "en aucun cas l’on ne peut interpréter ce rapport comme une ingérence dans les affaires internes d’un autre pays, puisque le meurtre de femmes, ou féminicides, est un problème qui touche de nombreux pays dans le monde, y compris l’UE. Toutefois, il faut être aussi conscients qu’il existe des différences importantes concernant les chiffres, et spécialement en ce qui concerne la capacité, les moyens et les résultats dans la réponse face à ce phénomène. C’est à ce niveau-là que l’UE et ses États membres peuvent apporter quelques expériences récentes, s’engager davantage et mieux affronter les différentes dimensions du problème, avec les différents acteurs qui travaillent depuis longtemps dans ces pays, tant au niveau institutionnel que de la société civile ".
Le texte amendé sera débattu à l’occasion de la mini plénière du Parlement européen, le 10 octobre, à Bruxelles, et voté le jour suivant.
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