[Fiche argumentaire n°18] Le TCE en campagne électorale : une approche européenne
Le débat sur le TCE reste obstinément franco-français. Or, les Verts, eux, préfèrent proposer une approche européenne à une question qui, par nature, est transnationale !
Ainsi, une enquête européenne (eurobaromètre, janvier 2004) permet de mettre en lumière les raisons d’adhésion ou de rejet au traité, au niveau européen.
Raisons d’adhésion des Européens au traité :
- Indispensable pour poursuivre la construction européenne
- Indispensable pour le bon fonctionnement des institutions européennes
- Renforce le sentiment d’une identité européenne
- Indispensable pour gérer l’intégration des nouveaux Etats membres de l’Union européenne
- Premier pas vers / Symbole d’une unification politique de l’Europe
- « Je suis favorable à la construction européenne »
- Renforce l’Union européenne face aux Etats-Unis
- Premiers pas vers / Symbole d’une Europe sociale
- Crée une vraie citoyenneté européenne
- Renforce la démocratie en Europe / consultation des citoyens
- « Je ne vois pas ce qu’il y a de négatif dans ce texte »
- Soutien au Gouvernement national / à certains partis politiques
- Autre (SPONTANE)
Raisons de rejet du traité selon les Européens :
- Perte de la souveraineté nationale
- « Je suis contre l’Europe / la construction européenne / l’ intégration européenne »
- Manque d’ information
- « Je ne vois pas ce qu’ il y a de positif dans ce texte »
- « Le projet va trop loin / trop vite »
- Trop complexe
- « Je ne veux pas de la Turquie dans l’Union européenne / Rejet d’un nouvel Elargissement »
- Pas assez d’Europe sociale
- Trop technocratique / juridique / trop de réglementation
- Pas assez démocratique
- Le projet est trop libéral sur le plan économique
- Opposition au Gouvernement national / à certains partis politiques
- Le projet ne va pas assez loin
- Autre (SPONTANE)
- NSP
L’enquête montre également que mieux on connaît le texte, plus on y adhère. Ceci signifie, indirectement, que plus les citoyens sont informés, plus il y a de chances qu’ils soutiennent le projet. Cela montre également qu’une part non négligeable de l’opposition qui se manifeste à l’égard de ce Traité constitutionnel trouve ses fondements soit dans une méconnaissance des principes consacrés par ce projet soit, plus grave encore, dans une interprétation erronée de ces derniers. Certains citoyens européens préfèrent donc s’opposer à ce Traité par précaution, ne connaissant pas son contenu ; d’autres y sont défavorables parce qu’ils connaissent mal son contenu.
Du côté des opposants, c’est avant tout le spectre de la perte de la souveraineté nationale qui fait peur. La deuxième raison invoquée tient plus à une attitude anti-européenne. Le « non de gauche » français reste donc une spécificité nationale… D’autant que le TCE est également accusé d’être « trop social » par certains libéraux allemands, britanniques, etc.
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