Immigration : la politique de l’Union européenne est entrée dans un cercle infernal

Strasbourg, le 27 septembre 2006 — Le Parlement européen a débattu aujourd’hui de la politique d’immigration de l’UE en présence du Conseil et de la Commission européenne. Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des Droits de l’homme, est intervenue au nom du groupe des Verts/ALE et s’est ainsi adressée au Conseil et à la Commission : "Il y a un an à Ceuta et Melilla, plus de 11 migrants, peut-être 16, mouraient par balles marocaines ou espagnoles sur les murs des enclaves de Ceuta et Melilla. Aucune enquête n’a été menée. Les crimes commis restent impunis.

"En juillet cette année, Amnesty international dénonçait encore la mort de trois migrants sur la frontière de l’enclave de Melilla, dont un par balle. Dans tout le Maroc, sous la pression de l’UE, des rafles et déportations dans le désert de centaines de réfugiés étaient organisées. Celles-ci continuent encore aujourd’hui. Combien de morts par épuisement ? Combien de personnes renvoyées dans des pays où leur sécurité n’est pas garantie ? Même des réfugiés en possession de papiers du HCR sont expulsés !

"Quelle leçon avez-vous tirée ? La pression pour la conclusion d’accords de réadmission continue afin de pousser les Etats tiers à contrôler de manière répressive leurs frontières. La conséquence de cette politique ? Le déplacement des parcours des migrants vers le Sud, des traversées de plus en plus dangereuses. Il paraissait fou il y a quelques années que des migrants tentent la traversée vers les Canaries sur des bateaux à moteur. Aujourd’hui, c’est la réalité. Peut-être 20 000 sont arrivés. Mais combien sont partis ? Combiens sont morts dans les eaux sénégalaises ou mauritaniennes ? Quels noms ? Quels visages ? Quel bilan de la politique de contrôle et de militarisation des frontières !?

"Et que nous dites-vous, M. Frattini, lorsque vous déclarez à la presse vouloir disposer de bateaux, d’avions, d’hélicoptères militaires, d’une armada européenne et de patrouilles, lorsque vous déclarez vouloir ’protéger’ les frontières de l’UE ? Il s’agit là d’un langage de guerre ! Avons-nous décidé de faire la guerre aux migrants ?

"Vous incitez les pays tiers à violer le droit universel de toute personne à quitter son pays. La politique de l’UE est entrée dans un cercle diabolique.

"Le nombre de personnes qui devront quitter leurs terres — pour cause de conflits, pour des raisons économiques ou encore écologiques — va augmenter inexorablement. Quelle sera la politique de l’UE ? Allons-nous enfermer les migrants dans leur propre pays, en achetant la collaboration des pays tiers ?"


Voir aussi : http://www.flautre.net/

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mercredi 27 septembre 2006
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