Marie-Hélène AUBERT : "Agriculture Biologique : répondre à la demande croissante en gardant la confiance du consommateur"

En tant que rapporteur pour la révision du règlement de l’agriculture biologique, j’ai travaillé jusqu’en mai 2007 (vote en session plénière) à l’amélioration de la proposition de la commission européenne (sortie en décembre 2005), qui avait soulevé à juste titre un tollé parmi les acteurs de la filière. Soutenue par une très large majorité au Parlement européen, j’ai pu porter auprès du Conseil nos préoccupations : un cahier des charges exigeant, une production bio totalement exempte d’OGM et de produits chimiques, des règles d’importation beaucoup plus strictes, un étiquetage clair et fiable préservant les logos existants, la restauration collective inscrite dans le champ d’application du règlement. Le Conseil a repris une bonne partie de nos amendements mais deux problèmes majeurs restent à résoudre : la coexistence difficile voire impossible entre les cultures OGM et les cultures bio, pour laquelle aucune législation satisfaisante n’a été élaborée, a fortiori en France, et le soutien au développement de l’agriculture biologique, toujours soumis au bon vouloir des Etats-membres qui font encore trop peu en la matière.



COMBATTRE LA PECHE ILLEGALE, PRESERVER LE THON ROUGE

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée est devenue un véritable fléau qui détruit la ressource halieutique, pille les mers des pays du Sud, prive leurs habitants d’une nourriture essentielle et alimente bien souvent les trafics de la criminalité organisée. C’est pourquoi le groupe Vert a demandé un rapport sur le sujet à la Commission Pêche, qui m’a été confié. Mon rapport, adopté en février dernier, préconise des mesures concrètes concernant l’Etat du pavillon (arboré par les navires), l’Etat du port (où est débarqué le poisson), l’Etat du marché (où est commercialisé le poisson) et l’Etat côtier (dans les eaux duquel est pêché le poisson). Amélioration des données, clarification des responsabilités, progrès du droit européen et international, contrôles et sanctions plus rigoureux et harmonisés, traçabilité du poisson de la mer à l’assiette constituent les points clés à mettre en œuvre.
J’ai présenté mon travail aux pêcheurs de ma région, aux Sables d’Olonne et à Lorient, à chaque fois lors d’échanges très fructueux, et aussi au réseau AKTEA, qui rassemble au niveau européen les femmes pêcheurs et de pêcheurs, et s’est réuni en avril dernier à Annalong, en Irlande du Nord. Un grand moment !

Le cas de la pêche au thon rouge en Méditerranée est aussi particulièrement brûlant. Surexploité, dans des conditions souvent opaques et illégales, le thon rouge est menacé d’extinction à court terme. Avec les ONG et les professionnels mobilisés sur la question, nous avons fait pression sur le commissaire Joe Borg, et les gouvernements concernés (dont la France), pour mettre un terme à ces pratiques scandaleuses.

L’AFRIQUE AU COEUR

Présente à Naïrobi lors du FSM, au côté des jeunes verts mondiaux réunis pour la première fois, j’ai participé aux travaux de l’assemblée paritaire UE-ACP dont je suis à présent vice-présidente. Je continue ainsi à œuvrer pour une politique de coopération de l’Union européenne avec l’Afrique radicalement différente de ce qu’elle a été jusqu’ici. Agriculture et pêche, sécurité alimentaire, accords de partenariat économique, utilisation des rentes minières et pétrolières, élections et démocratisation (notamment en RDC) restent pour moi les sujets cruciaux de cette année. Les tragédies mais aussi le réveil de la société civile en Afrique doivent renforcer encore notre détermination à changer les termes du « développement », pour qu’il soit enfin écologique et partagé.

Cf site www.mhaubert.net




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vendredi 27 juillet 2007
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