Monica Frassoni
Son parcours personnel/militant
" Je suis au PE depuis 1990 d’abord en tant que fonctionnaire avant d’être élue pour la première fois sur la liste d’Ecolo, le parti vert belge en 1999. En 2004, j’ai été réélue, cette fois en Italie. J’ai également milité auparavant pour le « Mouvement Fédéraliste Européen ".
Son parti vert
"« I Verdi » est né en 1986 sur la base d’un mouvement pacifiste et anti-nucléaire. A l’époque, encore plus que maintenant, la question de la préservation de l’environnement était complètement inconnue des Italiens. 20 après, nous restons un petit parti, assez faible électoralement puisque nous n’arrivons pas à dépasser les 2/3% sauf dans la région proche de l’Autriche où nous avons un peu plus de poids.

Pour ma part, je suis membre exécutif du parti en Italie et je reste très proche de la vie politique belge que je suis de très près encore. Ce sont quand même eux qui m’ont élue la première fois !
Le fait d’être seulement deux eurodéputés verts italiens (l’autre eurodéputé élu en Italie, Sepp KUSSTATSCHER, est germanophone de la région du Tyrol Italien, ndlr) m’incite à avoir une présence régulière et importante en Italie, et même ailleurs en Europe puisque je considère qu’un député au PE ne peut pas se contenter de faire acte de présence uniquement dans sa propre circonscription.
La présence des Verts dans le gouvernement italien est limitée par le système électoral qui est complètement fou et même carrément nul ! Modifié à la va-vite par Berlusconi en 2006 pour éviter une trop large victoire de la gauche, il a pour conséquence directe l’émiettement et l’instabilité. Nous restons farouchement en faveur de la proportionnelle mais pas celle-là. Un système « à l’allemande » aurait été bien mieux. Nous avons 1 ministre et 2 secrétaires d’Etat au sein d’un gouvernement qui est pléthorique avec une centaine de portefeuilles ainsi que 16 députés et 6 sénateurs. Evidemment, il y a "aussi un certain nombre d’élus locaux dans les villes ou les régions…
Nous gardons un attachement profond à la construction européenne (les Verts Italiens se sont prononcés unanimement pour le prochain de Traité Constitutionnel) et accordons une place plus grande à l’Europe que les autres partis italiens tout simplement parce que la dimension internationale est fondamentale dans les grandes questions qui nous motivent depuis longtemps (changement climatique, paix, etc.)"
Son activité au PE
" Mon rôle de co-présidente du groupe Vert au PE m’occupe beaucoup : c’est un travail de coordination important mais chronophage ! En outre je travaille sur 3 dossiers : les questions constitutionnelles qui sont en bonne place sur l’ordre du jour européen depuis un moment maintenant, les réseaux transeuropéens (Lyon-Turin notamment) ainsi que l’Amérique Latine.
Pour moi, la politique au niveau européen a bien plus d’intérêt qu’au niveau national en Italie : on peut y aborder plus facilement les questions de fond sans verser dans cette théâtralisation ridicule et machiste qui a court là-bas. Ca n’est pas comme en France ou vous avez une tradition de service public, en Italie c’est l’improvisation au pouvoir, une collusion permanente entre le politique et les lobbies industriels ou médiatiques. Ca donne vraiment l’impression d’un pays en décadence.
Cette impossibilité d’aborder un vrai débat de fond en Italie est certainement ma plus grande frustration avec l’échec de la Constitution Européenne. Heureusement, le groupe des Verts au PE arrive à avoir un rayonnement et un impact plus important qu’on pourrait le penser vue le peu de députés que nous avons."
Sa vision sur l’Europe des Verts
"Nous avons deux grandes questions auxquelles nous devrons apporter des réponses dans les années qui viennent : l’UE peut-elle être une force capable d’inverser la tendance du réchauffement climatique ? Quelle Europe politique voulons-nous, ce qui repose la question de la Constitution ? Les Verts ont des réponses à ces deux questions malgré la difficulté de trouver des consensus. Il y a un problème de perception de la part des partis verts nationaux qui ont tendance à considérer les questions européennes comme « annexes ». Nous avons par exemple du mal à travailler avec les Verts français sur la liaison Turin-Lyon. C’est un manque d’habitude et des problèmes structurels que nous devons résoudre. C’est en tout cas un investissement politique nécessaire et urgent."
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